Qu'en disent les politiques ?

Un nombre croissant d’institutions et d’États recommandent l’implication des usagers en santé mentale et l’intégration de la profession de pair praticien.

International

L’Organisation Mondiale de la Santé inclut à son Plan d’action pour la santé mentale le principe : “Autonomisation des personnes souffrant de troubles mentaux et de handicaps psychosociaux” :

Les personnes souffrant de troubles mentaux et de handicaps psychosociaux devraient se voir donner les moyens de participer aux actions de sensibilisation, aux politiques, à la planification, à la législation, à la prestation des services, à la surveillance, à la recherche et à l’évaluation dans le domaine de la santé mentale.

La Charte d’Ottawa pour la promotion de la santé encourage le « Renforcement de l’action communautaire » :

La promotion de la santé passe par la participation effective et concrète de la communauté à la fixation des priorités, à la prise des décisions et à l’élaboration et à la mise en oeuvre des stratégies de planification en vue d’atteindre une meilleure santé.

National

Le Conseil fédéral suisse s’est  pour sa part fixé pour objectif de “Renforcer les droits des patients et des assurés » :

L’être humain doit être au centre de la politique de la santé. […] Il faut donner aux patients toute leur place dans la relation avec le personnel soignant, une place fondée sur l’égalité et l’autodétermination.

Prise en compte accrue des patients et des assurés dans les processus relatifs à la politique de la santé (grâce à la participation par le biais de représentants par exemple).

La Politique Nationale suisse de la Santé a, quant à elle, établi la cible suivante :

Les assurés et patients se voient confier de nouveaux rôles en matière de responsabilité individuelle et de participation, que ce soit pour leur propre santé et maladie mais aussi en ce qui concerne les institutions et le système de santé. Cette implication accrue des personnes concernées au niveau de la relation thérapeutique, de l’organisation des institutions et de la planification est indispensable.

Cantonal

Le canton de Genève mentionne parmi les principes directeurs de son Concept cantonal de promotion de la santé et de prévention 2030 :

Le processus d’empowerment permet aux individus ou aux groupes de prendre conscience de leur capacité d’agir pour exercer une plus grande influence sur leur environnement mais aussi sur les facteurs modifiables qui déterminent leur état de santé. Il implique l’intégration des individus et de la communauté dans les processus de changement pour favoriser l’autonomie de décision et d’action ainsi que le renforcement des ressources individuelles et collectives en matière de santé. Au cœur du principe de promotion de la santé, cette approche encourage la responsabilité individuelle et collective, telle que, par exemple, l’entraide autogérée et le soutien par les pairs.

Dans le canton de Vaud, le rapport de J. Antille et C. Resplendino pour la Filière vaudoise d’hébergement psychiatrique souligne l’importance d’y intégrer la profession de pair praticien :

À n’en pas douter ces pairs apporteront une contribution dans les milieux professionnels pour explorer les améliorations alternatives ou contribuer à la formation des professionnels. Il pourrait être intéressant, dans un deuxième temps, d’associer ce type de compétentes dans le dispositif d’orientation et de coordination.

Quant au canton de Fribourg, il a inscrit dans son Plan d’action de promotion de la santé et de prévention 2011 – 2015 l’objectif suivant :

Les offres en matière de santé mentale sont conçues de manière à prendre en compte les besoins et les ressources internes des personnes concernées (personnes atteintes et leur entourage, professionnels de la santé). A ce titre, ces dernières sont associées à l’élaboration des offres.

Le canton de Neuchâtel rappelle pour sa part, dans son Plan d’action en dix objectifs pour la santé mentale, l’importance de l’entraide et de la participation des patients :

Il a été démontré que l’entraide organisée contribue à améliorer la qualité de vie des personnes touchées par les troubles psychiques, en leur offrant, ainsi qu’à leurs proches, un soutien social et des informations. L’entraide participe également à atténuer les préjugés dans la population et encourage la collaboration entre malades et professionnels de la psychiatrie. Malgré cela, dans les réflexions liées à la planification de l’offre de soins, on sous-estime beaucoup sa contribution. En Suisse, comparative- ment à ce qui se passe dans d’autres pays, la mise sur pied de structures d’entraide, la défense des intérêts des patients comme leur participation dans l’élaboration d’activités de promotion de la santé mentale restent encore actuellement très peu développées.